mercredi 13 juin 2012

Phnom Penh


Kep, le calme, la mer, l’hôtel privé, c’était franchement super et reposant… mais pas tellement divertissant. Les choux décidèrent donc de se rendre dans la capitale; Phnom Penh. Centre névralgique de l’économie cambodgienne, cette cité, jadis considérée comme l’une des plus belles d’Asie, est désormais reconnue pour ses bâtiments décrépis, ses rues envahies de détritus, ses enfants colporteurs et toute l’histoire reliée aux Khmers Rouges. C’est en effet cette ville qui vécut les plus grandes horreurs que Pol Pot et ses complices commirent dans ce pays. Évidemment, les deux explorateurs se devaient absolument de visiter les principaux points d’attraction de cette ville, ce qui incluait aussi des lieux de disgrâce pour le peuple cambodgien, tels que les killing fields et la prison S-21.

Vous vous rappelez d’Éric et Jolyann, nos amis du Laos? Eh bien, ils nous avaient fortement conseillé de se rendre dans ces lieux ou le mot horreur prend tout son sens, ou l’imagination la plus débridée soit-elle ne pourrait pas même arriver a un tel niveau… Éric nous avait d’ailleurs dit que c’était un must de les visiter, avant d’ajouter que nous ne passerions pas une belle journée! Ouin… ben ce fût effectivement le cas!!!

Pour nos amis lecteurs qui se demandent encore de quoi nous parlons avec ces Khmers Rouges, voici une courte (très très abrégée!) explication. Au début des années 70, une bande de soi-disant révolutionnaires communistes s’emparèrent du pouvoir au Cambodge. Favorisée par des décennies de tension avec les Vietnamiens, cette prise de pouvoir par des nationalistes cambodgiens fût acclamée un peu partout dans le pays… jusqu'à ce que Pol Pot se prenne pour Mao Tsé Thoung et décide d’un grand changement de culture. Ainsi, a l’instar du dirigeant Chinois, Pol Pot évacua les villes de leurs citoyens en les envoyant travailler dans les champs, dans les rizières. Cette décision fût vivement critiquée par plusieurs dissidents. Pour y faire face, Pol Pot et sa bande de dégénérés (excusez ce jugement personnel) transformèrent une belle école en centre de détention, en centre de torture. Ainsi, Tuol Sleng, aussi appelée S-21, était née.

Pour faire ça court encore une fois (parce que les horreurs… ça rend toute personne normale un peu inconfortable et ce n’est pas le but de notre blogue!), sachez que près de 20 000 personnes ont été incarcérées a la prison S-21 et que seulement 7 (!!!!!!!) en sont sorties vivantes! Pol Pot, dans son régime de terreur, vira à la paranoïa. Ainsi, au moyen de la torture, de fausses révélations étaient exigées des prisonniers. Ces prisonniers étaient photographiés a leur arrivée a la prison et aussi quelques fois après, pendant des séances de torture ou tout simplement a leur décès, alors couverts de sang. Ces photographies font parti de l’exposition de même que de vieux lits rouillés, d’outils de torture et de cellules aux planchers recouverts de gouttelettes de sang séchées. Pour en rajouter, sachez que toute la famille d’un traître est traître… même les enfants. Ouf!!! Ce qui nous amène aux Killing Fields, genre de plaine a quelques kilomètres de la ville, qui était utilisée pour les exécutions et les enterrements dans des fosses communes. Les adultes y étaient abattus d’une balle dans la nuque, les enfants eux… pas besoin de gaspiller des munitions pour eux, ils étaient soulevés par les pieds et balancés contre un gigantesque arbre (qui y est encore et qui porte de nombreuses marques) la tête première…

Vous vous doutez bien que de gentils calineurs donneurs de bisous que nous sommes furent passablement bouleversés… Donc, on se change les idées au plus vite, d’accord?! Bien content d’avoir connus cette facette plutôt sombre de l’histoire cambodgienne, mais la la… on est en vacance, non!?!

Comment on se change les idées dans un pays étranger? Eh bien, on fait comme a la maison! On dévalise (sens figuré) un petit commerce de dvd piratés, on s’installe avec des friandises et des cochonneries réconfortantes (tous ceux qui ont eu une peine d’amour savent quel genre de goinfreries!) et on se visionne 2-3 voir 4 films de suite en mangeant et en s’endormant de temps en temps. Ça te requinque un homme, ça!!!

Saviez-vous que la boxe est hyper populaire au Cambodge? Non? Eh bien, nous non plus avant d’arriver à Phnom Penh. En fait, il s’agit plus d’un genre de kick-boxing a la thaï que de la véritable boxe. D’ailleurs, il paraît que ce sont les khmers qui ont appris aux Thaïs cet art de combat. Bon ben la, qu’est-ce qu’on s’empresse de faire? Aller faire un tour au stade afin d’assister a un combat, bien sûr! Vous vous doutez bien que la présence d’un aussi admirablement beau bisounours mâle a ses côtés, la coucoune femelle s’en retrouve parfois désorientée… C’est exactement ce qui est arrivé l’après-midi du combat. La compétition débutait à 14h. Ce qui équivaut a 2h de l’aprem, n’est-ce pas? La joyeuse choupette annonça à son coco avoir lu que les combats commençaient à 4h… Onh! Vous me voyez venir, n’est-ce pas? Ben, on arriva en retard, tellement en retard que les spectateurs sortaient du stade a notre arrivée!!! Hahaha!!! Devant l’air dépité de la bisounoursounne, le chauffeur de tuk-tuk nous invita gentiment dans un café réputé pour son Coca Cola, ses combats de boxe présentés à la télé, son ambiance survoltée, ses paris sur les combats et sa clientèle... exclusivement locale!!! Du coup, nous devînmes une attraction qui rivalisa avec les combats!!! Wow! Belle fin de séjour dans ce pays au passé difficile qui tente à tout prix de s’en remettre et de s’ouvrir au monde a nouveau!  

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