Arriver dans
un pays par le mékong… Ça vous dit quelque chose?! Oui, vous avez raison, ce
n’est pas la première fois que nous arpentons ce mythique fleuve. Cette fois,
cependant, c’est du sud au nord que nous l’avons parcouru pour, éventuellement,
faire notre entrée en territoire vietnamien. Entrer dans un nouveau pays est
toujours un peu excitant… et énervant tout à la fois. Nouvelle langue, nouvelle
culture, une certaine adaptation est nécessaire. En fait, pour être juste,
précisons que cette adaptation est excitante pour Pamela… et énervante pour
Alexandre! Pourquoi, avez-vous envie de lui demander? N’est-ce pas plutôt
motivant que d’aller à la rencontre d’un peuple jusque-là inconnu?! Oui, bien
sûr, aurait envie de vous répondre l’ourson cajoleur… Ce doit être sa nature un
peu anxieuse qui refait surface… surtout à la frontière!!! Allez! Vous savez de
quoi je parle! Ne vous est-il jamais arrivé d’être nerveux devant les gardes
frontaliers, et ce, même si vous n’avez rien à vous reprocher?! Eh bien, cette nervosité refait surface a
chaque changement de pays, mais un peu moins au Vietnam. Pourquoi? Parce qu’en
entrant par le sud, nous allons à la rencontre des gens les plus gentils,
accueillants, prévenants du Vietnam. Les gens peuplant le nord étant réputés
plus distants, voire un peu brusques.
C’est donc avec bonne humeur que nous nous
rendîmes à Can Tho, ville réputée pour son fameux marché flottant! Au
préalable, je crois qu’il est important de mentionner que c’est dans le bus en
direction de cette ville que nous avons finalement rencontré officiellement le
couple de Germains (Allemands) dont nous vous avons parlé précédemment.
Rencontre fort utile et agréable qui nous aida à comprendre un peu le
fonctionnement des hôtels au Vietnam puisque c’était leur deuxième visite dans
ce pays. Ils nous apprirent ainsi qu’il fallait laisser nos passeports en gage à
la réception. Plus tard, la ou le réceptionniste ferait un rapport sur notre
statut ayant comme destinataire le poste de police. Il est d’ailleurs
formellement interdit de séjourner dans la demeure d’un particulier sans avoir
préalablement obtenu une autorisation écrite d’un officier de police!(!!!)
Inutile de vous spécifier qu’on se trouvait pas mal loin de la maison, et que
jamais nous nous étions sentis autant dans un pays communiste même si c’était
déjà le troisième pays que nous visitions qui était dirigé par un parti
communiste. Bienvenue… loin de chez vous, les Bisounours!!!
Can Tho… pas
tout à fait comme nous l’avions imaginé… Supposée être peuplée de gens supers
sympathiques… Bof, pas vraiment!!! Que dis-je la, avec mes propos en
demi-mesure?! Soyons francs… sympa? Pas PANTOUTE!!!! En fait, des gens bêtes
comme leurs pieds! Qui nous regardent comme on regarde un détritus par terre…
hum, non, même pas. Un déchet par terre est si commun dans ce pays qu’on n’y
prête même pas attention! C’est vous dire a quel point nous ne nous y sentions
pas très bien! Encore une demi-mesure? Ok! On se faisait littéralement (excusez
le gros mot) CHIER!!!! Alexandre, passablement irrité par tant de mépris,
déclara a sa douce que (et je cite) le
Vietnam, c’est de la marde!!! On cri… notre camp!!! Paroles prononcées un
peu impulsivement, bien sûr, qui toutefois laissait entrevoir un séjour qui
s’annonçait particulièrement fatigant et qui puiserait au plus profond des
ressources des deux aventuriers, en particulier de leur patience!
Plus
modérée, bien qu’elle aussi passablement irritée et déçue de l’attitude des
gens, Pamela enjoignît son compagnon d’un peu de patience. Ainsi, nous
attendrions d’arriver à Ho Chi Minh avant de décider si nous écourterions notre
séjour ou pas. C’est que les gens au sud sont réputés plus gentils que ceux au
nord! Mais, bon sang, qu’est-ce que ça peut être au nord?!
Puisqu’on y
est, autant le visiter ce floating market. Visite arrangée avec un homme sympathique
(le seul de la ville!) qui nous mena dans une petite barque dirigée par une
femme qui ne parlait pas un traitre mot d’anglais… mais qui s’avéra être une
véritable perle!!! A la faveur de l’aube naissante, elle nous mena a travers un
dédale de cours d’eau sinueux, maniant sa barque du bout du pied, utilisant ses
mains à des fins purement artistiques. Ainsi, elle nous confectionna deux
œuvres d’origami, non pas fait de papier mais de feuilles de bananier!!! Elle
nous dirigea ensuite vers le marché ou nous nous approvisionnâmes en fruits de
toute sorte. Les bateaux marchants annonçant leurs produits au bout d’une
perche hissée telle un pavillon, il était assez aisé pour nous de déterminer
quels navires aborder (ouh, ça sonne pirate!) afin d’effectuer un achat. Par la
suite, notre aimable guide nous mena jusqu'à une entreprise spécialisée dans la
confection de nouilles de riz. Processus fort intéressant qui permit à Pamela
de s’initier à l’art de faiseuse de nouilles! Cette activité fût si
intéressante que nous ne voulions pas gâcher ce bon souvenir en restant plus
longtemps à Can Tho. Aussi, la décision de partir des le lendemain pour Ho Chi
Minh fût prise. Les Allemands nous y rejoindraient le surlendemain!